Fret. Restaurer la compétitivité par rapport à la route

Depuis l’ouverture du marché du fret ferroviaire sur le territoire français en 2006, de nombreux opérateurs ont investi le marché national: Euro Cargo Rail (filiale du groupe allemand DB Schenker), Europorte (filiale du groupe franco-britannique Eurotunnel) ou Colas Rail, mais aussi des entreprises plus petites comme ETF Services, T3M, OFP Atlantique, davantage spécialisées dans le transport combiné ou le transport de proximité…

Aprés plusieurs années de récession consécutives au ralentissement économique de la période 2007-2010 en France, l’activité de transport de marchandises semble retrouver actuellement le chemin de la croissance.

Parts de marché

Grâce à un taux de progression de 7 % au cours des trois dernières années, elle a représentéun tonnage total de plus de 32 milliards de tonnes/km en 2012. En dépit du contexte économique globalement défavorable, les entreprises ferroviaires membres de l’Association franc?aise du rail ont réalisé, depuis leur arrivée sur le marché, un montant total d’investissements de près de 600 millions d’euros, créé 1600 emplois et conquis une part de marché de 23 % pour l’exercice 2012 (25,5 % pour l’ensemble des entreprises concurrentes de la SNCF, soit 8,2 milliards de t.km transportées). Un niveau de trafic qui leur permet d’envisager aujourd’hui un véritable retour sur leurs investissements. En effet, Euro Cargo Rail enregistrera pour la première fois cette année des comptes financiers en équilibre tandis que les autres opérateurs privé devraient suivre rapidement.

Autre note d’optimisme : la part modale du transport ferroviaire a retrouvé un niveau comparable à celui qu’elle atteignait avant la crise. Soit 10 % environ. Explication : les entreprises ferroviaires privées ont progressivement réussi à faire prévaloir un nouveau modèle économique alliant sécurité, adaptabilité et productivité. Elles ont même convaincu nombre de chargeurs de transférer une part croissante de leurs affrêtements de la route vers le rail. Dans des secteurs tels que la chimie, l’automobile ou l‘agriculture, c’est la recherche d’une flexibilité et d’une réactivité accrues qui a conduit nombre d’entreprises à utiliser davantage les services des prestataires privés.

En 2011, par exemple, 50 % de l’activité d’Europorte et 27 % de l’activité d’Euro Cargo Rail sur le territoire français provenaient d’un tel report. Enfin, dans les secteurs de la distribution ou du transport de matériaux, certains chargeurs se sont fixé des objectifs ambitieux de réduction de leur « empreinte carbone ».

Social

Pendant cette période, les entreprises ferroviaires et les syndicats se sont engagés au sein de l’UTP (Union des transports publics), dans un dialogue social qui a débouché sur le décret du 27 avril 2010 consacrant l’adoption d’une convention collective nationale du fret ferroviaire adaptée aux conditions du marché. Dans un tel contexte, l’Association française du rail attend de la réforme ferroviaire qu’elle distingue clairement, sur le plan social, les activités fret des activités liées au transport des voyageurs. Elle considère également que le développement du fret ferroviaire suppose une amélioration significative de la qualité des sillons et un accés non discriminatoire de tous les opérateurs autorisés aux infrastructures, y compris les terminaux de transport combiné. Autre objectif : la maîtrise des coûts d’exploitation par le gestionnaire d’infrastructure afin d’améliorer la compétitivité du transport ferroviaire de marchandises par rapport à la route, qui reste son principal concurrent.