L’Etat français abandonne l’exploitation des trains de nuit

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, vient de faire un point d’étape sur la dernière réorganisation des trains d’équilibre du territoire (TET) dont il a la responsabilité. Le déficit d’exploitation de ces lignes est passé de 200 millions d’euros en 2010* à 400 millions d’euros en 2015. Le diagnostic établi par le rapport du député PS Philippe Duron évoquait déjà l’urgence à agir : un taux de remplissage faible (35%), un coût au train kilomètre de 33,5 euros contre 20 € pour les TER, un matériel roulant hors d’âge… Le rapport Duron était particulièrement pessimiste sur les trains de nuit qui représentent 3% des voyages Intercités et 25 % des déficits. Dans sa conclusion, il préconisait l’abandon de dessertes, le transfert de certaines lignes sur autocar et l’allotissement de lignes à un opérateur privé.

L’Etat renonce à exploiter les trains de nuit

Lors de sa conférence de presse du 19 février 2016, le ministre des Transports, Alain Vidalies, demande à l’Autorité Organisatrice de Transports sous la tutelle de l’Etat de lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour déterminer les conditions d’exploitation des trains de nuit par les opérateurs ferroviaires. « Les opérateurs ferroviaires pourront proposer des schémas d’exploitation innovant à leur charge ». Ce qui n’exclut pas « la prise en charge du déficit par une autre collectivité » que l’Etat.

Les opérateurs, membres de l’AFRA, seront attentifs aux propositions de l’Autorité Organisatrice de Transports.  Ils s’intéresseront plus particulièrement aux conditions d’exploitation laissées aux futurs opérateurs : équilibre financier de la ligne, accès au matériel, capacités à industrialiser la production, conditions sociales d’exploitation, etc.

Contrairement aux recommandations du rapport Duron, l’Association française du rail constate que les deux lignes de nuit d’aménagement du territoire Paris-Briançon et Paris-Rodez- Latour de Carol ne feront pas a priori l’objet d’appels à manifestation d’intérêt.

Les opérateurs ferroviaires sont dans l’attente de connaitre plus précisément les conditions et le périmètre de ces appels à manifestation d’intérêt pour les trains de nuit avant de prendre des positions plus affirmées.

Cependant les membres de l’AFRA, considèrent que ces premières propositions ne sont pas de nature à rassurer les industriels et les opérateurs sur la capacité du gouvernement à redynamiser le secteur ferroviaire en France face à la concurrence des autocars.

L’AFRA rappelle au gouvernement que dans son dernier sondage sur le transport ferroviaire l’institut d’opinion Elabe constatait en novembre 2015 que 78% des français ont plébiscité l’arrivée de nouveaux opérateurs dans le transport de voyageurs régional. Comme l’ont démontré de nombreuses années de concurrence en Allemagne, Grande Bretagne et Italie, les français ont tout à y gagner.

Au regard des enjeux de la relance de l’activité ferroviaire régionale la proposition du secrétaire d’Etat aux transports sur la reprise des trains de nuit par les opérateurs ferroviaires ou les régions constitue en soi un transfert de lignes vers les collectivités territoriales que l’Etat n’est plus en mesure de prendre en charge financièrement.

 

L’Association Française du Rail (AFRA) : créée en mars 2009, regroupe tous les acteurs qui considèrent que le secteur économique du rail français, fret et voyageurs, ne trouvera son plein développement que dans un cadre concurrentiel ouvert et régulé.

L’AFRA compte aujourd’hui parmi ses membres les entreprises ferroviaires suivantes: Transdev, CFTA, Trenitalia, Euro Cargo Rail/ Arriva, actives dans le transport de voyageurs.

Contact : AFRA : Jacques Malécot : jacques.malecot@assorail.fr       06 27 22 83 44