Les Français favorables à l’ouverture du marché ferroviaire

Selon un sondage CSA pour l'Association française du rail, les Français se disent majoritairement favorables (70%) à l'ouverture à la concurrence du marché ferroviaire alors que le premier train privé de voyageurs, Thello, partira dimanche de Paris à destination de Venise,

Le sondage réalisé les 11 et 12 octobre 2011 montre qu'un Français sur trois (33%) n'est pas satisfait de la qualité de service et de l'offre de transport, les critiques les plus fréquentes portant sur "le nombre élevé de retards et de grèves" (81%) ainsi que “le prix trop élevé des billets” (74%).

Autres récriminations formulées : “le manque d'offres de promotions et avantages fidélité” (37%) et “la faible compétence des personnels à bord” (14%). L'étude révèle que les travailleurs indépendants (46%) sont les voyageurs les plus mécontents de l'offre ferroviaire, juste devant les usagers réguliers (43%). S'ils voient d'un bon œil l'arrivée de trains privés sur le réseau national, les Français conservent toutefois leur attachement à la SNCF. Quatre sur dix souhaitent que le marché du transport en train “reste sous le monopole complet” de la compagnie nationale.

Si quelques craintes subsistent, elles s’avèrent injustifiées

En premier lieu, les Français sont 80 % à redouter une fermeture des lignes les moins rentables ; or le maintien de ces liaisons régionales ou interrégionales subventionnées est exclusivement décidé par l’autorité publique compétente, région (TER) ou Etat (TET). Dans le cadre d’un appel d’offre pour une délégation de service public, tous les candidats s’engagent à assurer l’exploitation des lignes ouvertes à la concurrence par l’autorité organisatrice des transports (AOT).

Deuxième idée reçue, pour 48 % des Français, la SNCF serait plus à même de garantir l’absence d’accidents. Les pays ayant déjà introduit la concurrence sur leur réseau ferré prouvent que les opérateurs privés sont tout aussi exigeants en matière de sécurité. En témoigne le Royaume-Uni, un temps décrié par l’opinion publique, que l’Agence ferroviaire européenne (ERA) classe désormais devant la France pour ses résultats dans le domaine de la sécurité.

En l’absence d’éléments de comparaison à l’heure actuelle, la SNCF conserve un léger avantage de crédibilité auprès du public, ce qui n’empêche pas les Français de reconnaître la capacité des nouveaux entrants. Ils sont 56 % à leur faire autant ou davantage confiance qu’à la SNCF pour améliorer les services à bord des trains, 52 % pour le confort des sièges, et 47 % pour réduire les retards et les grèves. Les candidats à l’entrée sur le marché français bénéficient tous d’une solide expérience à l’international, et sont adossés à de grands groupes, parfois cotés en bourse, qui ne peuvent se permettre aucun écart en termes de sécurité ou de satisfaction de leurs clients.

Deux ans après l'ouverture à la concurrence du transport de voyageurs sur des lignes internationales, Thello, coentreprise entre l'italien Trenitalia et le français Veolia Transdev, sera à partir du 11 décembre le premier concurrent de la SNCF à faire rouler des trains de nuit entre Paris et Venise, via Dijon.

Enquête réalisée auprès d'un échantillon de 1011 personnes majeures de 18 ans avec la méthode des quotas.

L’ouverture du marché ferroviaire en France – Etude CSA pour l'AFRA