Trains Intercités : La Normandie prend en charge le déficit des TET

Hervé Morin, le président UDI de Normandie propose à l’Etat de reprendre à la charge de la région, l’exploitation de 2 lignes Intercités en échange d’une subvention de 700 millions d’euros pour le renouvellement du matériel roulant.

« Nous demandons à être les autorités organisatrices sur les deux lignes les plus structurantes : Paris – Caen – Cherbourg et Paris – Rouen – Le Havre », a annoncé le 18 février dernier, Hervé Morin, le nouveau président de la région Normandie. Au moment où l’Etat a décidé de lancer un appel d’offres pour renouveler les trains Intercités (TET) sur les lignes jugées « structurantes », une annonce concomitante avec celle de l’Association des régions de France (ARF) qui déplore le choix du gouvernement de supprimer la majorité des trains de nuit et regrette « l’absence de travail préalable entre l’Etat et les Régions sur le devenir des trains d’équilibre territorial (TET) et leur articulation avec les TER ».

Pour Hervé Morin, « la dégradation poussée du service ferroviaire est le principal responsable » de la baisse d’activité sur ces lignes. L’Etat avait le projet de renouveler seulement les trains circulant sur la ligne Paris – Caen – Cherbourg.

Jouer la complémentarité entre les modes

Dans une interview accordée à Ville, Rails & Transports, Jean-Baptiste Gastinne, le vice-président chargé des Transports de la région explique la stratégie proposée : la Région propose de reprendre le déficit de ces lignes, au total 12 millions d’euros annuels (dont 7 millions pour Paris – Rouen – Le Havre) d’après les estimations de la SNCF sous réserve que l’Etat consente en échange une subvention d’environ 700 millions d’euros pour financer le renouvellement du matériel roulant. « Nous ne nous interdirons pas de réorganiser en profondeur nos transports à partir du moment où nous aurons la main sur quasiment tous les transports à l’exclusion des transports urbains. Avec notre futur schéma régional de l’intermodalité, nous pourrons jouer sur la complémentarité entre les modes. Je voudrais préciser que prendre la main sur les Intercités, cela ne veut pas dire que nous allons les transformer en TER. Car aujourd’hui les recettes du TER financent seulement 30 % des dépenses.

Avec les Intercités, nous voulons aboutir à un équilibre », précise Jean-Baptiste Gastinne. Depuis 2011, la fréquentation des trains Intercités – 22 lignes TET de jour et huit lignes TET de nuit-, a baissé de 20% et le déficit devrait dépasser 400 millions d’euros cette année. Pour le ministre, cette initiative – et celles qui suivront –, ne saurait déboucher sur des appels d’offres puisque le monopole de la SNCF est toujours inscrit dans la loi d’orientation des transports intérieurs (LOTI) de 1982. En contrepartie de la prise en charge financière du materiel ferroviare avantage la région Normandie devra combler un déficit annuel de 35 millions d’euros. Hervé Morin a su prendre ses responsabilités. Ses services s’appuient désormais sur l’opérateur historique pour choisir le futur matériel.