Captain Train passe sous pavillon britannique

La start up française Captain Train a été rachetée par son concurrent britannique Trainline. Une alliance stratégique qui va permettre au nouveau distributeur indépendant de billets de train de s’imposer sur le marché européen.

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Jean-Daniel Guyot, le président de Captain Train, également en charge de la branche internationale du nouveau groupe.

La plate-forme française de distribution de billets, Captain Train, a décidé de frapper fort en s’alliant à son homologue britannique Trainline, le premier distributeur indépendant en Grande-Bretagne avec 90 % de part de marché. Ce rapprochement dévoilé par le quotidien Les Echos, va en effet permettre à cette jeune start up de jouer dans la cour des grands. « En France comme dans les autres pays européens, seuls les acteurs nationaux en position de monopole, il y a encore quelques années, continuent de dominer le marché face à d’autres entreprises comme Captain Train. », explique Jean-Daniel Guyot, le président de Captain Train qui va également prendre en charge la branche internationale du nouveau groupe dirigé par Clare Gilmartin, la PDG de Trainline.

Créé le 8 février 2009, suite à la condamnation de la SNCF pour pratiques anti-concurrentielles visant à favoriser ses filiales Voyages-sncf.com et Expedia, Captain Train ne peut encore rivaliser avec le site VoyagesSNCF.com (4,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an), engagé lui-même dans une stratégie d’ouverture à toutes les offres de transport. Avec un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros en 2015 avec plus de 1500.000 utilisateurs et un volume de transaction d’environ 5000 billets par jour, la plate-forme indépendante française, racheté par Kohlberg Kravis Roberts & Co. (important fond d’investissement américain) il y a tout juste un an, cherchait depuis plusieurs mois à grossir sur ce marché en pleine croissance.

« Notre ambition est de devenir le leader européen de la distribution »

«Il n’existe pas encore d’acteur majeur européen sur ce marché estimé à quelque 60 milliards d’euros, en pleine croissance, et appelé à se complexifier avec le développement de la grande vitesse en Europe. Notre ambition est de devenir le leader européen de la distribution. Aujourd’hui, nous sommes les seuls à couvrir 100 % du marché français, allemand et italien. En alliant nos forces, nous pourrons proposer la vente de billets de 36 opérateurs en Europe dans 22 pays», affirme Jean-Daniel Guyot. Trainline, appartenant au fond d’investissement américain KKR, estime, pour sa part, son trafic à 28,8 millions de visiteurs chaque mois et a réalisé l’an dernier un volume de transactions de 2,1 milliards d’euros.

« Quel que soit le pays, notre stratégie reste la même : nous souhaitons abaisser le niveau de complexité pour acheter un billet de train. En gagnant, ne serait-ce qu’une seconde dans le processus de réservation, nous pouvons accéder à une offre plus riche et aux meilleurs prix tout en abaissant les coûts de distribution », précise le co-fondateur de Captain Train.

« Nous voulons accompagner la concurrence »

Et de préciser : «Dans des pays comme l’Italie où nous pouvons croiser les offres des deux concurrents, Trenitalia et Italo sur la grande vitesse, nous avons pu ainsi augmenter le trafic ferroviaire et contribuer à une baisse des prix sur le marché tout en favorisant une montée en gamme de l’offre et de la qualité de service des opérateurs ferroviaires. Trenitalia a même investi dans de nouvelles rames. »

« De la même façon sur les lignes internationales, l’arrivée de nouveaux acteurs comme Trenitalia sur la desserte Paris-Bruxelles à partir de 2017, va nous permettre de comparer et de mixer les offres de trois grands acteurs ferroviaires. Nous voulons accompagner la concurrence partout en Europe. », conclut Jean-Daniel Guyot.