Une mutation nécessaire

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L’ouverture à la concurrence des transports ferroviaires régionaux de voyageurs a été réalisée depuis près de vingt ans en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Suède avec des résultats bénéfiques en matière de qualité de service, de régularité, de fréquentation, de coûts et de report modal. À ce stade, il est donc dans l’intérêt de la France d’anticiper sur la réglementation européenne.

L’ouverture à la concurrence est avant tout une décision politique. Elle serait d’autant plus opportune que l’opinion publique est désormais convaincue de ses avantages. Selon le dernier sondage réalisé par Elabe pour le compte de l’Association française du rail, quatre Français sur cinq considèrent que l’ouverture à la concurrence est une « bonne chose ». On ne s’étonnera pas de ce résultat car le sondage indique également que près d’un Français sur deux n’est pas satisfait du transport ferroviaire en région.

Le transport ferroviaire régional de voyageurs est à réinventer. Le développement du ferroviaire implique notamment que des opérateurs alternatifs puissent, aux côtés de l’opérateur historique, apporter leur savoir-faire dans la remise à niveau et la modernisation du transport ferroviaire régional de voyageurs. L’ouverture est d’autant plus nécessaire que les contraintes pesant actuellement sur les finances publiques et la diminution des dotations de l’État aux collectivités territoriales ne permettent ni d’augurer de la viabilité financière du système actuel de monopole ni de faire face aux défis de sa modernisation.

L’ensemble de ces éléments confère aux exécutifs des nouvelles Régions une légitimité pour répondre dès 2016 aux attentes des Français. L’Association française du rail encourage vivement le Gouvernement et les futurs présidents de Région à préparer cette ouverture que les Français soutiennent massivement.

La prochaine mise en place d’une nouvelle convention collective nationale ferroviaire devrait lever toute opposition du Gouvernement puisqu’il en a fait un préalable à l’ouverture à la concurrence. Il appartiendra aux exécutifs régionaux d’agir sans attendre. Quelle que soit leur orientation politique, les nouvelles mandatures régionales ne peuvent ignorer les enjeux de cette mutation.

Albert Alday