Michel Quidort, Directeur des Relations extérieures et des Affaires européennes, Veolia Transport.

Veolia Transport est le premier opérateur privé de transport public de voyageurs en Europe. Et également le premier opérateur privé de transport ferroviaire régional en Allemagne avec une part de marché de 8%. En France, le groupe attend beaucoup de l’ouverture du transport express régional à la concurrence.

Quidort

Quelle place occupez-vous actuellement sur le marché du transport ferroviaire régional des voyageurs en Europe ?

Premier opérateur privé de transport public de voyageurs en Europe où elle réalise plus de 60% de son chiffre d’affaires (soit près de 6 milliards d’euros), la société Veolia Transport aide de nombreuses collectivités locales à organiser la mobilité des personnes sur leur territoire dans plusieurs Etats-membres de l’Union européenne grâce à son expertise internationale acquise dans 28 pays le domaine du transport public de voyageurs, routier et ferroviaire.

Sur ce total, l’activité strictement ferroviaire représente une part sans cesse croissante avec l’ouverture progressive du secteur ferroviaire à la concurrence dans de nombreux pays depuis le milieu de la décennie 1990. C’est ainsi que nous exploitons des services ferroviaires suburbains ou régionaux dans cinq pays européens – l’Allemagne, les Pays-Bas, la République tchèque et la Suède, et de manière très marginale, en France – ainsi que des services de grandes lignes en Allemagne et en Suède.

Quelle place occupez-vous sur le marché allemand du transport ferroviaire des voyageurs ?

En Allemagne où le transport régional ferroviaire des voyageurs est ouvert à la concurrence régulée depuis 1996, nous sommes clairement, avec une part de marché de l’ordre de 8%, le premier opérateur privé derrière l’opérateur historique, la Deutsche Bahn. Nous y gérons en effet sur l’ensemble du territoire une vingtaine de contrats de transport express régional dans 9 Länder, dont la Bavière, la Rhénanie-Westphalie, la Saxe et le Schleswig-Holstein.
Cela peut concerner aussi bien une ligne suburbaine de 35 km comme celle entre Kaarst et Mettmann via Düsseldorf, qu’une grande ligne interrégionale entre Leipzig et Rostock via Berlin. Le nombre total de trains-km produits l’an dernier par nos exploitations dépasse 38 millions sur près de 4 000 km de lignes.

A noter qu’en décembre 2010, le Land de Bavière nous a confié pour 12 ans à partir de 2013 l’exploitation du réseau régional autour de Rosenheim, qui relie la ville de Munich et le sud de la Bavière aux deux villes autrichiennes de Salzbourg et de Traunstein.

Et en France ?

Dans notre pays, nous travaillons dans le cadre juridique limité qui nous est actuellement imposé, celui d’opérations réalisées en sous-traitance de la SNCF, comme pour la ligne Carhaix-Paimpol en Bretagne, ou celui de la délégation de service public hors du réseau ferré national, comme pour la ligne Digne-Nice. Avec loi dite ORTF (Organisation et régulation du transport ferroviaire) de décembre 2009 qui ouvre la concurrence sur les lignes internationales, avec possibilité de cabotage intérieur, un premier pas vers la libéralisation du transport des voyageurs a été franchi. C’est dans ce cadre que nous développons un partenariat avec Trenitalia.

Nous attendons également beaucoup de l’ouverture du transport express régional à la concurrence, conditionnée par la publication du rapport du sénateur Francis Grignon. Cette éventualité, encore incertaine, offre de réelles perspectives dans la mesure où 12 des 22 conventions qui lient aujourd’hui les régions à la SNCF arrivent à échéance d’ici à 2014.

Les propos tenus n’engagent que leurs auteurs