Les opérateurs de fret ferroviaire dans une situation financière fragile

Lors d’une conférence de presse, qui s’est tenue le 27 mars dernier au siège de l’AFRA (Association française du rail), Alain Thauvette, président de cette association, a dressé le bilan des dix ans d’ouverture à la concurrence dans le secteur du fret ferroviaire en France.

Après avoir rappelé que l’activité du transport de marchandises sur le rail s’était fortement dégradée avant l’ouverture à la concurrence du trafic intérieur dans toute l’Union européenne le 31 mars 2006, Alain Thauvette a démontré, chiffres à l’appui, que l’arrivée des nouveaux entrants a permis de dynamiser l’ensemble du marché français. En moins de dix ans, avec un chiffre d’affaires de 370 millions d’euros en croissance de 6%, les opérateurs ferroviaires fret ont créé près de 2 500 emplois conquis progressivement, et se sont emparés de 27,4 % du trafic total au troisième trimestre 2014 (voire plus du tiers même si l’on compte VFLI, la filiale privée de l’opérateur historique).
Cette nouvelle dynamique a contribué largement au report modal de la route vers le rail constaté depuis lors. Malgré les grèves de la SNCF du mois de juin et les difficultés de circulation en Ile-de- France fin 2014, les membres de l’AFRA ont transporté environ 8,8 milliards de tonnes- kilomètres de marchandises. On constate surtout que les grèves de juin se sont traduites, au 2e trimestre, par une baisse du trafic de 3,2 % par rapport au trimestre précédent, et de 5 % par rapport au 2e trimestre 2013.
Si ces chiffres font état d’une progression finalement plus rapide que celle qui a été constatée en Allemagne au cours des premières années qui ont suivi l’ouverture à la concurrence du fret en 1994, il n’en reste pas moins que les opérateurs alternatifs du marché français restent aujourd’hui dans une situation financière relativement fragile et qu’ils attendent des pouvoirs publics une série de mesures susceptibles de préserver la compétitivité du rail par rapport à la route.