La désindustrialisation n’explique pas la baisse du fret ferroviaire

La désindustrialisation du pays explique-t-elle le déclin du fret ferroviaire en France ? S’appuyant sur plusieurs études, une analyse de Laurent Charlier parue dans « La Lettre Ferroviaire » du 16 avril répond par la négative.

Que constate-t-on en effet en comparant la situation de la France et de la Grande Bretagne ? Dans les deux pays, la désindustrialisation est massive. En France, l’emploi industriel a reculé de 38% depuis 1980. En Grande Bretagne, le phénomène est plus récent mais la baisse atteint 30% depuis 1999. Pourtant, entre 1999 et 2011, le fret ferroviaire en volume s’est accru de 16% Outre-Manche alors qu’il a décru de 36% en France, même s’il reste supérieur d’un tiers en volume dans l’Hexagone. D’un côté (la France), il y a la baisse des investissements et la faiblesse des grands ports maritimes et des embranchements ferroviaires, de l’autre (la Grande Bretagne), on observe un développement de l’intermodalité et une adaptation du transport aux secteurs en émergence (produits pétroliers, gaz, sables…). Bref, le déclin du fret ferroviaire n’est pas une fatalité. Il est du, en France, à un déficit d’offre (mauvaise qualité des sillons et des infrastructures, inadaptation des embranchements) beaucoup plus qu’à un déficit de demande (marchandises à transporter). Sans oublier la mauvaise adaptation au marché de l’opérateur historique face à la montée de la concurrence de la route, la montée en puissance des nouveaux entrants ne compensant pas le recul de l’activité fret de la SNCF.