L’Etat doit créer les conditions nécessaires à l’attractivité du fret ferroviaire

Dans une déclaration commune au quotidien Les Echos, le 26 juin dernier, Jacques Gounon, Alain Picard et Alain Thauvette appellent l’Etat à prendre « des décisions urgentes et fondamentales » pour développer le fret ferroviaire.

Pour Jacques Gounon, président d’Eurotunnel, Alain Picard, directeur général de Géodis et Alain Thauvette, président deDB Schenker Rail AG, il est plus que temps de réagir pour relancer le fret ferroviaire. L’attente de décisions claires de la part de l’Etat n’a que trop durer pour les entreprises de transport ferroviaire de marchandises. Leur avenir en dépend. D’une même voix, ils appellent l’Etat à prendre ses responsabilités. En premier lieu, disent-ils, « il appartient à l’Etat de définir sa position sur l’évolution des péages que paient les entreprises ferroviaires pour faire rouler des trains. Nous plaidons pour une augmentation des tarifs limitée, contrôlée et acceptable pour le marché et également basée sur une inflation maîtrisée jusqu’en 2020. » Avant de préciser : « Mais des chiffres allant, selon certaines hypothèses, jusqu’à + 10 % par an, condamneraient définitivement le transport ferroviaire et le multimodal. L’industrie française (automobile, agroalimentaire, métallurgie, etc.) serait également fortement fragilisée et, à court et moyen terme, l’emploi également », insistent-ils.

Des mesures concertées au niveau local

En second lieu, « des solutions doivent être trouvées pour assurer l’entretien du réseau et donc le maintien des circulations sur les petites lignes uniquement utilisées par des trains de fret. L’abandon de ces lignes, qui représentent de l’ordre de 20 % du trafic, pénalise nos clients (carrières, coopératives agricoles, etc.) et déstructure le transport de marchandises dans son ensemble.
Nous plaidons pour des mesures concertées au niveau local et pour qu’une partie des budgets des projets abandonnés soit affectée à la maintenance de ces lignes », affirment Jacques Gounon, Alain Picard et Alain Thauvette. Dans la même veine, ces derniers estiment  qu’une « amélioration de la desserte ferroviaire des ports est une condition nécessaire du développement du ferroviaire et des ports eux-mêmes ». Les actions engagées doivent être accentuées, selon eux, afin de renforcer le positionnement stratégique de la France sur l’échiquier mondial en favorisant notamment les exportations.

Le besoin d’une harmonisation technique au niveau européen

Enfin, ils appellent à une accélération de la mise en place de normes techniques communes à tous les pays européens – et basées sur une analyse coûts-avantages robuste. « Nos clients souhaitent des solutions à cette échelle. Les obstacles techniques sont encore lourds et pénalisants par rapport au transport routier. Sur le long terme, une harmonisation technique permettrait d’optimiser les coûts de production et les investissements économiquement viables. Le transport ferroviaire de marchandises doit à nouveau se développer » expliquent-ils. Avant de conclure : « Pour ce faire, nos entreprises doivent évoluer dans un environnement clair, prévisible, et favorable. Nous en appelons donc aux pouvoirs publics pour créer les conditions nécessaires à l’attractivité du fret ferroviaire, à celle de nos ports et ainsi renforcer la compétitivité du secteur. »