La SNCF devrait quitter le tour de table de NTV en charge du TGV privé italien

L’opérateur historique français devrait jeter l’éponge en refusant de souscrire à l’augmentation de capitale de NTV, l’opérateur privé qui exploite le TGV Italo depuis 2012.

Actionnaire à hauteur de 20 % de NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori), l’opérateur privé qui exploite le TGV Italo depuis 2012, la SNCF n’a pas souhaité poursuivre l’aventure. Lors de l’assemblée générale de NTV, le 20 juillet dernier, l’opérateur public français n’a pas souhaité participer à l’augmentation de capital de 100 millions proposée par la nouvelle direction de l’entreprise. Jugeant la rentabilité de NTV « décevante », il a refusé de remettre au pot quelque 20 millions d’euros.

Une forte concurrence avec l’opérateur historique FS

Pourtant, l’activité commerciale de NTV est un succès. Dirigée  par Luca di Montezemolo (ex-président de Ferrari), la compagnie détient   20 % de part de marché. Construits par le groupe Alstom, les TGV circulant depuis avril 2012 sous la bannière rouge de la compagnie ferroviaire baptisée « Italo » desservent toutes les grandes villes italiennes. La concurrence sur les prix avec l’opérateur historique, Ferrovie dello Stato (FS) en passe d’être privatisé lui aussi, s’est toutefois renforcée ces dernières années, plongeant ainsi les comptes de NTV dans le rouge. Déjà en 2013, l’entreprise privée avait dû être renflouée grâce à une première augmentation de capital à laquelle la SNCF avait souscrit. « C’est une réussite au plan commercial et industriel, mais l’investissement s’est révélé très décevant au plan de la rentabilité. Nous avons donc décidé de ne pas souscrire », a expliqué Barbara Dalibard, directrice générale Voyageurs à la SNCF au quotidien économique Les Echos.

Les actionnaires ont jusqu’au 2 août pour se prononcer

Au-delà des aspects purement financiers, SNCF désapprouverait la nouvelle stratégie de NTV qui souhaite étoffer son offre et agrandir son parc de TGV. Cette décision serait prématurée selon la SNCF. Pour l’heure, l’équipe dirigeante de NTV se contente de préciser que les actionnaires ont jusqu’au 2 août pour se prononcer sur la première tranche de 60 millions d’euros. Et d’ajouter qu’une seconde tranche de 40 millions est d’ores et déjà prévue «  en cas de nécessité ». Le tour de table de NTV compte parmi ses actionnaires, la société Mdp Holding(contrôlée à parts égales par les industriels Luca di Montezemolo, Diego Della Valle et Gianni Punzo), qui détient 33,5 % du capital, aux côtés d’Intesa Sanpaolo (20 %) et de Generali (15 %).