Le PDG d’Arriva aux Français : « Qu’avez-vous à perdre avec l’ouverture du marché ferroviaire ? »

Dans un interview publiée par le magazine « Vie, Rail, Transports », David Martin, président d’Arriva, filiale britannique de la DB et l’un des principaux transporteurs de voyageurs d’Europe, a réaffirmé son souhait de voir s’ouvrir le marché français à la concurrence et expliqué en quoi les opérateurs privés pouvaient assurer un service plus efficace et plus rentable. Selon David Martin, les régions doivent avoir « la possibilité de tester, face à la SNCF, l’offre des opérateurs concurrents. Cela permettra aux autorités organisatrices de transports de déterminer dans quels cas l’on obtient la meilleure qualité, la plus grande ponctualité ou fiabilité lors de l’exploitation de trains en délégation de service public ; bref, tout ce qui assure un meilleur retour d’investissement pour le contribuable ».

David Martin s’étonne que la concurrence ne soit pas mentionnée dans la réforme : « Cette possibilité d’ouverture à la concurrence est conforme au règlement européen sur les Obligations de service public (OSP). Elle aurait dû être intégrée dans la réforme. Mais ce que je comprends — à moins que je ne me trompe — c’est que cela ne sera probablement  pas possible avant 2022. C’est incroyable ! ». Et d’apostropher les citoyens français : « Qu’avez-vous à perdre ? Vous avez au contraire beaucoup à gagner à ouvrir le marché ».
 
Le président d’Arriva explique par ailleurs la méthodologie appliquée par une entreprise telle qu’Arriva : « Ce n’est pas seulement en réduisant les dépenses que nous réduisons les coûts, c’est aussi grâce à la progression de la fréquentation des trains. Ayant ainsi rendu le système plus attractif, nous sommes conduit à acheter plus de trains (…) Nous devons avoir la meilleure utilisation du matériel roulant. La façon de planifier la rotation des trains est fondamentale. En même temps, pour rendre les transports publics attractifs, vous devez permettre aux passagers de mémoriser facilement les horaires (…). Mais il faut également que l’organisation du travail des conducteurs permette cette meilleure utilisation des matériels ».